vendredi 17 août 2018

LE BONHEUR



LE BONHEUR


Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.
Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.
Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,
dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.
Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,
sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.
Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite,
sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.
De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,
de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.
Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite,
saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il a filé!

Paul Fort

lundi 13 août 2018

Coucou mes amis me voilà de retour...!

LA FEMME QUI BOIT

Ne vous moquez jamais
De la femme qui boit !
D'ailleurs, elle ne boit pas,
Elle s'éponge le coeur
Pour tenter d'adoucir
Des blessures anciennes
Dont elle n'a souvenir
Que par bribes incertaines.

Si elle boit toute seule
C'est qu'elle s'est fabriquée
Une prison sans murs
Ni barreaux, ni fenêtres
Dont la porte est fermée
A double et triple tour
Et dont elle ne sait plus
Où elle a mis la clef.

Des heures durant elle boit,
De la bière au whisky
Du whisky à la bière
Elle se remplit d'alcool
Sans le moindre plaisir
Pour connaître l'ivresse
Qui seule peut effacer
La laideur de sa vie.

Quand l'alcool lui aura
Donné de fausses ailes
De fausses raisons de vivre
Et de fausses espérances
Elle remplira de larmes
Son verre déjà vide
Et se saoulera de pleurs
Ce vin au goût salé.

Après s'être enivrée
Et saoulée de tristesse
Il ne lui restera
Qu'a tendre un dernier verre
Pour le remplir de honte
Cette liqueur amère
Qui peut faire pire encore
Que tout l'alcool du monde.

Et toute honte bue,
Elle rentrera chez elle
Hideuse et titubante
Sous le regard moqueur
De ceux là et de celles
Qui la montrent du doigt
Mais qui ne savent rien
Du malheur de la vie.

Ne vous moquez jamais
De la femme qui boit !
Ne l'éclaboussez pas
De sourires méprisants !
Aidez-la simplement
A retrouvez sa clef
Pour qu'elle ouvre sa porte
Au vent de liberté.

Daniel Pasquier

dimanche 4 février 2018

ADIEUX DE L'HOTESSE ARABE



Victor HUGO (1802-1885) 

(Recueil : Les orientales)

Adieux de l'hôtesse arabe

Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays,
Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs,
Ni le repos, ni l'abondance,
Ni de voir à ta voix battre le jeune sein
De nos soeurs, dont, les soirs, le tournoyant essaim
Couronne un coteau de sa danse,

Adieu, voyageur blanc ! J'ai sellé de ma main,
De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin,
Ton cheval à l'oeil intrépide ;
Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir,
Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir
Que polit une onde rapide.

Tu marches donc sans cesse ! Oh ! que n'es-tu de ceux
Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux
Leur toit de branches ou de toiles !
Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits,
Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis,
De s'en aller dans les étoiles !

Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous,
Ô jeune homme, eût aimé te servir à genoux
Dans nos huttes toujours ouvertes ;
Elle eût fait, en berçant ton sommeil de ses chants,
Pour chasser de ton front les moucherons méchants,
Un éventail de feuilles vertes.

Mais tu pars ! - Nuit et jour, tu vas seul et jaloux.
Le fer de ton cheval arrache aux durs cailloux
Une poussière d'étincelles ;
A ta lance qui passe et dans l'ombre reluit,
Les aveugles démons qui volent dans la nuit
Souvent ont déchiré leurs ailes.

Si tu reviens, gravis, pour trouver ce hameau,
Ce mont noir qui de loin semble un dos de chameau ;
Pour trouver ma hutte fidèle,
Songe à son toit aigu comme une ruche à miel,
Qu'elle n'a qu'une porte, et qu'elle s'ouvre au ciel
Du côté d'où vient l'hirondelle.

Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois
Aux filles du désert, soeurs à la douce voix,
Qui dansent pieds nus sur la dune ;
Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager,
Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger,
Ton souvenir reste à plus d'une !

Adieu donc ! - Va tout droit. Garde-toi du soleil
Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil ;
De l'Arabie infranchissable ;
De la vieille qui va seule et d'un pas tremblant ;
Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc,
Tracent des cercles sur le sable !

vendredi 8 décembre 2017

JOLI CONTE AFRICAIN...!


Bakoudouba la tourterelle

 
Kolitkoto ! Kolitkoto ! Kolitkoto ! J’ai une fille à marier ! J’ai une fille à marier !
 Ainsi chantait tous les jours Bakoudouba la tourterelle.
 - Et que demande-tu comme dot ? lui demanda Odro la Perdrix.
 - Je donne ma fille à qui ramène sur la Terre Vrandjandja la pluie Mirage.
 - Vrandjandja la pluie Fugitive ? s’écria la Perdrix. Vrandjandja qui coupe soudainement le chemin du voyageur, s’approche quand il vient, fuit quand il arrive, parfois le surprend par derrière , le poursuit, l’essouffle puis disparaît du ciel quand il atteint un village ? Je ne prétendrais jamais à la main de ta fille.
 Et Odro s’en alla. Les autres animaux vinrent nombreux et tous impuissants repartirent la tête basse. Téré alla trouver la Mygale son oracle.
 - Bakoudouba la tourterelle propose sa fille à celui qui ramène sur la terre Vrandjandja la pluie insaisissable, lui confia-t-il. 
 - Chevauche l’arc en ciel et coupe la route à Vrandjandja. Tu la captureras pour la ramener docilement sur la Terre, suggéra l’araignée terricole. 
 Téré se rendit à la source du ruisseau, rencontra l’arc en ciel et lui fit part de son projet. 
 - La pluie Mirage est partie pour l’autre bout de la terre et reviendra après Apépé la Lune de la disette. Dès qu’elle s’annoncera, viens me chevaucher, nous la poursuivrons pour la dompter.
 Lengoa la Lune du renouveau suivit Apépé et Vrandjandja arriva. L’Arc en ciel emporta Téré haut dans le ciel, joignit les deux bouts de la terre, retint sous sa voûte la Pluie vagabonde qui pour échapper à cette étreinte s’abattit sur la terre en grosses gouttes intermittentes et perlées. Téré épousa la fille de Bakoudouba.


 Et depuis lors, captive de l’homme, Vrandjandja revient chaque année arroser la terre pour annoncer en même temps l’arrachage de l’arachide et le ramassage des courges. Symbole de la force et de l’unité parce qu’il supporte la voûte du ciel et l’empêche de tomber sur le Monde dont il unit les deux extrémités, l’Arc en ciel restera l’animal totémique le plus connu et le plus vénéré des Hommes. 

jeudi 23 novembre 2017

QUELQUES PÉTALES DE ROSES....!

Carmen Toudonou

Carmen Toudonou

Quelques pétales de roses – point d’orties
De la tendresse, de la délicatesse
L’école du respect
Le prêche des adultes par l’exemple
Moins de travail pénible, plus de joujoux
Du pain et des livres
C’est ce que je veux pour l’innocent

C’est ce que je veux pour chaque enfant.
L'écrivaine béninoise Carmen Toudonou est née au début des années 80, et s'intéresse très tôt à la lecture puis à l'écriture. Elle publie en 2014 un premier roman, "Presqu'une vie" dont la thématique principale est l'éducation des petites filles en milieu rural. L'année suivante, elle confirme ce premier succès avec un recueil de poèmes "Noire Vénus''. Son travail d'écrivain est centré sur un questionnement profond sur le statut de la femme et de l'enfant dans un monde en mutations. Journaliste de radio et de télévision, elle travaille à la formation de la relève littéraire béninoise en tant que promotrice d'un concours littéraire à l'endroit des jeunes filles.

lundi 20 novembre 2017

LE RÊVE D'UN MONDE DE PAIX...!



Nafissatou Dia

Je rêve d'une terre ronde comme une orange que les enfants regarderont avec gourmandise.
Qu'ils se souviennent encore longtemps que la grenade est un fruit délicieux.
Je voudrais les voir grandir dans des villes où la peur n'aura pas droit de cité.
Les voir se précipiter aux fenêtres pour guetter non plus les chars mais le marchand de glaces.
Que les seuls grondements qui les assourdissent soit le fracas de la pluie et non plus celui des bombes ; puis de les voir tous sortir et sauter dans les flaques plutôt que sur des mines.
Je rêve d'un monde de paix où les enfants resteront des enfants, curieux, gourmands, malicieux.
Ce monde est possible et ce n'est pas qu'un rêve d'enfant...

Nafissatou Dia Diouf est une auteure Sénégalaise d’expression française. Elle est née le 11 septembre 1973 à Dakar dans une famille multiculturelle à la fois ancrée dans la société sénégalaise et ouverte sur le monde grâce aux lectures et aux voyages. Nafissatou est forte d’une bibliographie de dix ouvrages et autant de collaborations en une décennie de carrière littéraire. Sa vocation précoce a été matérialisée par de nombreux prix en début de carrière qui lui ont donné envie de continuer et de faire de l’écriture sa « carrière parallèle. » Elle est aujourd’hui un auteur qui compte dans le paysage des lettres sénégalaises.

LE BONHEUR

LE BONHEUR Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va file...